Dans la guerre de tranchées, cinq choses sont importantes : le bois à brûler, les vivres, le tabac, les bougies et l’ennemi. Tel était bien leur ordre d’importance, l’ennemi venait bon dernier.

Georges Orwell

Petite introduction

LA BARCELONE DE GEORGES ORWELL

1936.

La guerre civile commence à saisir l’Espagne toute entière et Georges Orwell embarque pour la péninsule ibérique pour combattre auprès du POUM,  Le Parti ouvrier d’unification marxiste. Dans« Hommage à la Catalogne » publié en 1938, il narre les conditions de vie d’un soldat au coeur d’une Barcelone glissant lentement dans les affres de la guerre civile.

Partons sur ses traces …

laura

QUARTIER 1 : LA RAMBLA

De l’incroyable marché couvert de la Boqueria au théâtre Poliorama, en passant par l’excellent restaurant Moka, la Rambla constitue « l’épine dorsale » de Barcelone et ressemble à s’y méprendre aux Champs-Élysées. Orwell y laissera sa trace de par ses diverses parenthèses gourmandes entre deux coups de fusil.

QUARTIER 2 : PLACE DE LA CATALOGNE

Si la Ramble est l’épine dorsale de Barcelone, la place de la Catalogne en est le ventre. C’est d’ici que part les artères principales de Barcelona, mais on oublie également souvent qu’autour se massaient également l’ancien siège de la Telefonica et l’Hotel Colon où séjournait parfois Orwell.

laura
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QUARTIER 3 : EL BARRI GOTIC

Le quartier gothique fut le théâtre d’intenses affrontements auxquels Orwell fut régulièrement parti prenant, de la place Sant Felip Neri à la charmante petite Plaza del Pi, jusqu’à finalement se voir honoré par la création d’une place à son nom, la Plaza Georges Orwell.

QUARTIER 1

ORWELL ET LA RAMBLA

Je commence donc par La Rambla, avenue la plus fréquentée de Barcelone, sépare également les deux quartiers les plus populaires de la ville : le quartier gothique à l’Est et El Raval à l’Ouest. Ancien lit de ruisseau pavé à la moitié du 19ème siècle, elle est aujourd’hui principalement fréquenté par les touristes depuis les JO de 1992 et a été largement délaissée par les locaux.

Quelques tapas à la volée dans ce buibui moins fréquenté au fond de la Boqueria, comme un mauvais élève. La serveuse, une dame âgée au français parfait, me complimente sur mon sourire.

La dame était ambassadrice, dirigeait un cabinet d’audit à Madrid, puis s’est ruinée en voyageant pour finir entre deux comptoirs à tapas.

La vraisemblance ne m’intéresse pas, c’est le geste qui me plaît.

À la sortie du marché, je me dirige tranquillement vers l’ancien hôtel Continental où séjournait Orwell.

 J’aperçois à l’angle le Théâtre du Liceu qui n’est autre qu’un opéra et s’est arrêté de compter les incendies et autres attaques de révolutinnaires anarchistes qu’il a subit au cours de son histoire bicentenaire. 

L’avenue principale offre au chaland 1 km de promenade où vendeurs de fleurs et d’oiseaux pakistanais alpaguent ce dernier pour leur vendre faune et flore. C’est toujours plus agréable que les dealers qui vous lancent des « cocaine » d’un oeil groguis.

QUARTIER 2

ORWELL ET LE QUARTIER GOTHIQUE

Il m’a suffit d’une bonne enjambée pour m’extirper de la cohue Ramblesienne et donner un peu de répit à l’oeil qui ne savait plus que faire de toute cette foule. El Barri Gothic est l’étendard de la vieille ville Barcelonaise, forte des charmantes rues pavées et ces bâtiments de pierre qui se cognent presque le front 

Il y a dans les rues du quartier gothique comme des poussières d’antan que les bourrasques de vent provoquées par les pas des visiteurs font s’agiter dans toutes les directions. 

Le folklore est presque poussif ici, car sa proximité avec la Rambla ne l’épargne pas d’une curiosité touristique dont je me rends moi-même coupable. Même les gymnastes de rue au corps sculpté et leur incroyable performance de pyramide humaine, tradition typiquement catalane, ne parvient pas à éclipser cette idée d’attraction faite pour des yeux venus d’ailleurs. 

Heureusement, la minuscule Plaza Sant Felip Neri offre une oasis de sérénité au sec, où un couple discret s’oublie dans une étreinte qui fait fi des regards extérieurs, alors que les bombes pleuvaient 80 ans plus tôt et les camarades d’Orwell complotaient avec toute la verve révolutionnaire qui leur allait si bien.

Plus loin, derrière l’Église de plaça del Pi, une inscription flanque les murs avec insolence : « Plaça del Milicia Desconegut ». C’est un ancien camarade d’Orwell qui écrivit d’une main appliquée ces quelques mots pour moquer la poussée franquiste, avant de se voir recouverte d’une planche de bois par le régime fasciste et d’être redécouverte il y a environ 15 ans. C’est un colombien qui me raconte cette histoire alors que je sirote un café depuis une table du Tema Tapes faisant face à cette drôle d’inscription.

En 1996, la ville rendit donc hommage à l’écrivain britannique en donnant son nom à une place quelques mètres plus loin.

Bien sûr, je ne tarde pas à découvrir avec un mélange d’amusement l’oeuvre de kafkaesque ode Leandre Cristofol, représentant un oeil surveillant la place toute entière, référence entendue à 1984. La place Georges Orwell, anciennement surnommée « place de la magouille », attirait nombre de dealers et marginaux mais a bénéficié (ou subit) de la gentrification des 30 dernières années. Le superbe café de chez Ovis me confirme la chose.

QUARTIER 3

ORWELL ET LA PLACE DE LA CATALOGNE

Après ma cure de tranquilité au quartier gothique, je me dirige doucement vers la place de la Catalogne, carrefour des plus grandes artères de la ville. 

La fréquentation est dense, et les pigeons d’une agressivité incroyable : l’un me cogne le front tandis qu’un autre chie à 30 cm de ma trogne en moins de 20 secondes. La place de la Catalogne est une cour des miracles au visage changeant ; des familles à poussettes et des étudiants propre sur eux la journée, des marginaux et des vomisseurs la nuit.

Mais il y a au coeur de cette place aux allures d’esplanades une étrange sensation d’immensité ; probablement est-ce dû aux grosses bâtisses à l’air sévère qui l’entourent. 

Proche d’ici, le superbe toit de l’Hôtel Colon offre une vue qui me retire d’une traite la sensation de bain de foule que procure la place de la Catalogne. Étrange de se dire que l’on marche sur le plafond de l’ancien siège du Parti communiste, avec entre les doigts ces coupes de cocktails qui ne viennent jamais à moins de deux chiffres.

Et puis, la Telefonica, grand bâtiment sans charme, s’occupe de poursuivre la pérénité du monde moderne en vendant téléphones et appareils électroniques là même où la Confédération du Travail s’arrachait autrefois les cheveux sur des questions d’équité professionnelles qu’on ne se pose plus beaucoup ici.

En face, l’immense centre commercial El Cortès Inglés, la gueule austère mais le ventre plein, propose plus ou moins tout ce dont le voyageur comme le local a besoin dans la vie quotidienne.

La place de la Catalogne n’a jamais fait les choses à moitié, qu’il s’agisse de tenir lieu de place forte pour une cause politique ou de support aux plus grosses activités commerciales d’une ville comme Barcelone.

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